Pour une révolution non violente
 

« Une fin qui a besoin de moyens injustes n'est pas une fin juste »[1]

L'idéologie dominante qualifie de « violents » de nombreux modes d'action légitimes du mouvement ouvrier démocratique, comme les piquets de grève, les occupations, les réappropriations de l'outil de travail[2], etc... Tout cela ne sont pas des formes violentes de lutte, la violence étant en fait du côté de l'organisation capitaliste du travail - qui impose aux salariés, quand ils n'en peuvent plus, d'agir pour défendre leurs droits élémentaires. 
Ces modes d’action sont des formes spontanées de lutte, ainsi que la grève générale et l’organisation en Assemblées Générales démocratiques et souveraines. Ce sont donc les bases d’une révolution menée par la classe sociale qui est soumise au salariat. 
De plus, une véritable révolution démocratique se fera dans les consciences, tout autant que dans la prise du pouvoir à la base. Ce qu’il nous faut combattre et abolir, c’est le système capitaliste qui fait que les êtres humains deviennent concurrents et ennemis. 
La révolution pour laquelle nous militons, c’est la révolution faite par des êtres humains égaux et librement associés. Cette révolution, aboutissant au socialisme-communisme, va à l’encontre - à la fois par ses buts et par ses moyens - de l’idéologie de la classe dominante. Or, cette idéologie (qui n’hésite pas à justifier les violences de la classe dominante, et de l’impérialisme en particulier) se retrouve tant dans les couches exploitées qu’exploitantes. La révolution démocratique devra démasquer les idéologies mystificatrices et qui servent à cacher le réel, et notamment la violence terrible de l’esclavage salarié.

La révolution socialiste-communiste, processus de transformation radicale de la société humaine par elle-même, c'est à la fois la conquête de la démocratie et de l'égalité, et la mise à bas des exploitations, des dictatures et des violences. Il s’agit de passer, par la révolution consciente et des consciences, de l'ère capitaliste à l'ère de l'humanité rassemblée. 

En 1918, dix jours après sa libération de prison, Rosa Luxemburg assignait à la révolution allemande l'objectif immédiat de l'abolition de la peine de mort (article publié dans le journal spartakiste Die Rote Fahne du 18 novembre 1918[3]). Un mois plus tard, dans le programme de la ligue spartakiste, elle écrivait : « La révolution prolétarienne n'a nul besoin de la terreur pour réaliser ses objectifs. Elle hait et abhorre l'assassinat »[4]
La révolution démocratique est en effet un processus cohérent : abolir l’exploitation ne peut pas se faire en employant l’exploitation, abolir la violence ne peut pas s’accomplir en usant de violence.

[1] Karl Marx, OEuvres, tome III ("Philosophie"), La Pléiade, p. 177. 

[2] Exemple récent, les marins de la SNCM qui avaient embarqué sur un de leurs bateaux à l'occasion d'une grève (septembre 2005). 5 hélicoptères de combat étaient venus les déloger, alors que des marins sur un bateau ce n’est évidemment ni violent ni dangereux - la violence n’étant en l’occurrence que du côté de l'état, tant au niveau des attaques contre les salariés que de la répression anti-grève.

[3] Texte disponible sur notre site : Un Devoir d'honneur

[4] Rosa Luxemburg, Que veut la Ligue Spartakiste ?, 14 décembre 1918.

 

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