Plus d’un million le 4 octobre… et ensuite ?

 1.200.000 manifestants selon la CGT : les manifestations du 4 octobre ont de toute évidence été un franc succès. Alors pourquoi n’y a-t-il ni résultat concret, ni suite ?

Chirac-Villepin-Sarkozy sont là pour défendre pied à pied les intérêts de la classe dominante. Et ils n’hésitent pas à taper très dur : l’armée qui intervient contre les marins en grève de la SNCM, les expulsions de plus en plus nombreuses de « sans-papiers », les attaques contre des squats (un squat n’étant pas autre chose qu’un logement vide réquisitionné de fait), les offensives continues contre les salariés et les chômeurs. Voilà ce que font ceux qui « dirigent » la lutte de la classe capitaliste.

Qu’en est-il de l’autre côté, de ceux qui « dirigent » la lutte de l’autre classe sociale, la classe des salariés et des chômeurs ? Le 14 octobre, soit dix jours après les manifestations, Jean-Claude Mailly (secrétaire général de FO) déclarait : « Si le gouvernement ne nous entend pas, il faudra un mouvement plus dur ». Dire ça avant le 4 octobre, ça aurait déjà été la preuve d’un manque de compréhension de ce qu’est ce gouvernement capitaliste violent ; mais le dire 10 jours après les manifestations, et après le mépris affiché de Villepin face aux revendications, c’est quasi-surréaliste ! Evidemment que le gouvernement « entend » les revendications, et d’ailleurs il y répond de façon très nette : maintien du « Contrat Nouvelle Embauche » qui précarise toujours plus, maintien des nouvelles dispositions anti-chômeurs.

Les dirigeants des centrales syndicales se sont « félicités » du succès de la journée du 4, de la combativité des manifestants, et puis… plus rien. Malgré l’attitude scandaleuse du gouvernement, pas de nouvelle manifestation, pas d’appel général à la grève !

Le monde tel qu’il est aujourd’hui oppose fondamentalement deux classes sociales aux intérêts inverses : les capitalistes d’un côté, les salariés et chômeurs de l’autre. Dans cette lutte des classes, les capitalistes sont déjà la classe dominante ; mais en plus, s’ils mènent leur lutte de façon plus efficace que les travailleurs, alors il est hélas logique que le salaire réel stagne voire baisse ; que les services publics soient sous-financés, démantelés, privatisés ; que les chômeurs soient soupçonnés, sanctionnés, radiés. Pourtant, le ras-le-bol est là, le potentiel de lutte est là.

Pour résoudre la crise actuelle, c’est inévitable : le rapport de force entre les classes sociales doit s’inverser. Cela nécessite la formation d’un mouvement de masse conscient, qui ne se contente pas d’une journée sans lendemain une fois tous les 6 mois, mais qui aille vers la grève générale pour en finir avec ce gouvernement, ce régime et ce système d’exploitation et de misère.

 

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